La forêt de Brocéliande aux Marches du Maine et de Petite Bretagne 

 La forêt de Brocéliande aux Marches du Maine et de Petite Bretagne

L'une des forces de la théorie de l'enracinement folklorique de la légende arthurienne que nous avons développée depuis trente ans avec toute une équipe (voir Bertin Georges, la quête du Saint Graal et l'Imaginaire, Corlet, 1997, préface de Gilbert Durand) c'est d'avoir mis en évidence l'importance de ce terroir qui, depuis la plus haute antiquité, est en correspondance avec l'Imaginaire de la Quête tant à travers des personnages emblèmatiques, les saints ermites fondateurs du VIème siècle que par l'inscription dans les toponymes, les coutumes locales, l'architecture religieuse et dans les paysages eux-mêmes du Passais, région de marches, qui en font "Le pays des Grandes Merveilles".

Les chemins de la Quête du Graal passent par le Maine et la Normandie, du Mont Saint Michel au Mans et de l'abbaye de Perseigne à Domfront.

 Ainsi, le culte du Saint Graal est clairement manifesté dans les traditions populaires des Fêtes des Lances, au XIIème siècle, à la cathédrale du Mans et dans nombre de paroisses de son ancien diocése dont celles de Champagné (toujours vivante de nos jours) et à Saint Georges de Rouellé prés de Barenton, paroisse où l'on trouve une légende arthurienne à "La Fosse Arthour" et nombre de toponymes aux résonances arthuriennes.

Chaque année, à Pâques fleuries, les Francs Bouchers du Mans avaient à coeur, encore au début du dix neuvième siécle, de célébrer les processions du Graal et des autres objets de la Passion par d'étranges rites chevaleresques.

-1116: deux seigneurs du Maine rapportent du Saint Sépulchre un reliquaire en forme de croix,

-1135-1143, Hugues de Saint Calais, évêque du Mans,fait confectionner un vase ayant la forme d'une navette,

-1150, quand Henri II Plantagenèt prend possession du Maine, il fait des offrandes à Saint Julien du Mans (dont la figure mythologique est bien proche de celle de Simon le Lèpreux, un des premiers détenteurs du Graal), parmi ses présents: une coupe ornée de pierreries et une épée sertie de pierres précieuses.

La ville du Mans,  outre le fait d'avoir vu naître Henri II Plantagenêt, conserve une des plus anciennes copies des Romans de la Table Ronde (MS N° 354). Attribuée à Gautier Map, chapelain d'Henri II, elle fut écrite vers 1250-1260 et concerne la partie relative à l'Estoire del Saint Graal ou Joseph d'Arimathie.

Les lieux de Brocéliande au Passais.

On trouverait également sans doute, à Montsûrs (Mons securus?), actuel chef lieu de canton du département de la Mayenne, aux marches angevines, lieu d'investigation sur ce théme et ce d'autant plus que la structure du bourg et de la forterersse médiévale qui dominait autrefois cette place frontière comme la dédicace de l'Eglise, à Saint Julien, figure de Simon le Lépreux, qui passe pour avoir été un des détenteurs du Graal, sont loin de nous avoir livrés leur secrets.

De même Banvou (61) exactement situé en marche de Gaule et de Petite Bretagne est le lieu reconnu par René Bansard comme ayant servi de modèle à celui qui a abrité les premières heures du jeune Lancelot du Lac, en la demeure de son père Ban de Banoïc.

Encore Gille Susonga mis en évidence l'identification de nombre de lieux du Passais avec le roman arthurien et la Fontaine d'Yvain le Chevalier au Lion avec celle de l'Air S'ouvre sur le chemin breton.

Et le Barenton arthurien se trouvera plus facilement dans ce chef lieu du département de la Manche, près de la forêt de Lande Pourrie, non loinde la Fosse Arthour,  où bout une fontaine qu'en d'autres lieux plus éloignés du coeur de l'action.

A Saint Fraimbault de Lassay, prés de Lassay les Châteaux, l'église romane du lieu porte, à l'angle Nord Ouest de sa construction, une dalle funéraire de la période mérovingienne marquée du double signe du tréfle (symbole trinitaire) et du Graal qui vient compléter ici le quaternion mystique objet de la Quête.

C'est ici que Saint Fraimbault (Fram baldus de Laceio le porte lance du lac) vint terminer ses jours comme Lancelot du Lac,le Valet de Tréfle, dont il partage et le nom et la légende. Il y mourut moine chantant messe avant que ses reliques soient transférées à l'initiative d'Hugues Capet en la collégiale Saint Frambourg de Senlis où les capétiens ne manquèrent plus de lui rendre hommage en célébrant son culte. En 1147, Charles VII et Aliénor d'Aquitaine observaient toujours cette tradition.

A Passais la Conception, en Normandie, sur des lieux chargés de souvenirs arthuriens( ), chaque année, le jour de Pentecôte, on vend encore de nos jours, à la sortie des offices religieux de l'Oratoire du Passais, une curieuse pâtisserie appelée "cônets" ou encore "trous" et qui représente, de fàçon très explicite, l'union des organes masculins et féminins.

Au Perche, René Bansard attachait également beaucoup d'importance au rôle tenu par l'abbaye de Perseigne, fondée en 1147 par Talvas de Bellême, aux marches de Normandie et du Perche, dans la diffusion du théme du Graal. D'abord à cause de la similitude des armoiries de cette abbaye et de celles de Perceval le Gallois, et aussi parce qu'il s'interrogeait sur le personnage d'Hélinand, moine de Perseigne, contemporain d'Adam, deuxième abbé de Perseigne, que l'on retrouve au lit de mort de Marie de Champagne. Hélinand de Froidmond est l'auteur des fameux "Vers de la Mort" et l'on attribue aussi à Hélinand de Perseigne un Commentaire sur l'Apocalypse et des gloses sur l'Exode dans lequel il s'inquiète de la nature et de la forme du Graal. Alors, de là à lier les deux personnages? L'enquète reste à faire.

Map a placé tout prés de là, aux lisières de la forêt de Perseigne, un des épisodes de son roman, au Gué Chaussé, (le Guéchocie), forteresse du Saosnois, territoire colonisé par les Saxons. Les exploits auxquels s'y livrent Crudeus et Mordrains ne sont guère plus remarquables en cruauté que ceux des Talvas.

Enfin, à chaque extrémité de la Normandie, deux églises célébres ont développé un culte en rapport avec le mythe qui nous occupe.

A Mortain, on montre dans la collégiale saint Evroult, (XIIéme siécle) un reliquaire irla)ndais, le Chrismale étudié par Claude Letellier et Jean-Charles Payen, qui a sans doute servi de support aux romanciers qui fréquentaient des lieux proches de la légende tristanienne. L'on reconnaît en effet en l'Abbaye Blanche de Mortain, toute proche, la Blanche Abbaye de Nonains, du roman en prose, où se réfugient les reines Héléne et Evaine, méres respectivement de Lancelot et de Bohort et Lionel, dont les figures ne sont pas sans évoquer les "reines mortes" du Conte du Graal. Ne sont-ellles pas, en effet, mortes à la vie mondaine? Tout prés on peut également retrouver les sites du Mal Pas, lié au souvenir de l'ordalie d'Yseut et celui du Saut de Tristan.

Les lieux de mémoire et les paysages Cotentin se révèlent à l'enquête des plus féconds relativement à ces interrogations, ainsi entre la région de la Baie du Mont Saint Michel et la Quête.

Il faudra également mentionner l'enquête esquissée par René Bansard et problématisée par Gilles Susong dans notre second ouvrage collectif sur le rôle joué par l'Abbaye de Blanchelande, prés de Varenguebec et de son abbé Pierre le poète, (1167-1213), dans la constitution des thémes de la Quète et en particulier dans l'élaboration d'un roman arthurien souabe le Lanzelet d'Ulrich von Zatzikowen, écrit à la fin du XIIème siècle.

A Port-Bail, une légende de navigation préside à la fondation de l'Eglise Notre Dame, haut lieu de sainteté au Moyen Age. Là encore, bien des indices nous donnent à penser que l'Imaginaire local a pû contaminer celui des romanciers de la Quête, ce qui reste à inventorier.

A l'autre extrémité de la Normandie, à Fécamp, l'Abbaye de la Sainte Trinité garde également le souvenir du passage de Joseph d'Arimathie qui transporta le Graal en Occident. Une tradition orale rapporte qu'au premier siécle, un coffret de plomb s'y serait échoué contenant une ampoule du Précieux Sang recueilli par Joseph d'Arimathie, thématique, on en conviendra, bien proche de celle du Graal. Une fontaine jaillit à cet endroit et le culte du Précieux Sang, encore vivant de nos jours, se développa rapidement, à tel point que l'abbaye de la Trinité fut le premier lieu de pélerinage normand avant le Mont Saint Michel. Construite de 1170 à 1220, soit à l'époque même de la rédaction des récits majeurs du cycle arthurien, elle fut un lieu de vie intellectuelle intense et accordait même une protection spéciale aux trouvéres chargés de glorifier la précieuse relique, indice supplémentaire, s'il en fallait encore, du rôle joué par les Abbayes Normandes dans l'élaboration et la genése de la littérature de l'époque...

Le Passais

Avec sa ligne de crêtes culminant à près de 300 mètres et formant une défense naturelle à une pénétration Nord-Sud comme les vallées encaissées de la Mayenne et de ses affluents gouvernent aisément le passage d'Est en Ouest, le Passais occupe une position privilégiée sur le plan stratégique qui fit de son histoire une des plus mouvementées des provinces de l'Ouest de la France.

En témoignent les nombreuses batailles sièges et conquêtes émaillant, (de la création du comté de Bellème et Domfront, véritable " Etat-tampon" par Louis IV en 942, à la prise du château de Domfront en 1418 par les Anglais,) l'histoire de cette petite province. Héritière de l'ancien Pagus Cenomanensis, elle sût conserver jusqu'à nos jours des particularismes très vivants.

Lorsque au VIème siècle, saint Innocent, évêque du Mans, envoie vers cette nouvelle Thébaïde des moines qui ont noms Fraimbault, Ernier, Bômer pour y créer, avec leurs ermitages, les premiers ilôts de la civilisation, il est loin d'imaginer l'extraordinaire florès de hauts faits, de récits légendaires et de cérémonies pieuses, de fêtes, enfin, que ce petit terroir coincé entre Maine, Anjou, Bretagne et Normandie va pouvoir sécréter. Il a, de fait, servi de cadre et par là même condensé un grand nombre d'événements festifs qui en font, au plan symbolique, un lieu de passage

Parti dans un premier temps, comme le font nombre d'érudits locaux sur sa propre piste généalogique, René Bansard découvre dans les années 60,  que plusieurs de ses lointains cousins, les Bansard, habitent sur les marches du Maine, parfois même encore en des lieux nommés Bansardiéres. Leurs positions correspondent pour lui à celles de juridictions de marches chez les Francs, les bannats. L'une d'entre elles, sur la commune du Châtellier, jouxte la paroisse de Banvou, autrefois la plus au Nord de l'ancien diocése du Mans, le Pays des Cénomans, exactement située en marche de trois diocéses anciens, et avant les circonscriptions ecclésiatiques, de trois pays: le pays breton (diocése de Dol) le pays normand (diocése de Sées) le pays manceau (diocése du Mans). Banvou occupe de fait une position privilégiée dans l'angle de la Varenne et des collines qui forment la ligne de partage des eaux entre le versant de la Manche et celui de l'Atlantique.

A Banvou se croisaient, à l'emplacement du bourg, trois voies romaines: celle de Jublains à Vieux, celle du Mans à Valognes et celle de Rennes à Lisieux. Et de fait, la racine Ban, d'origine germanique, n'a pû apparaître avant l'arrivée des Francs dans le Maine ni avant l'implantationdes Bretons en Armorique fin VIéme siécle.

C'est là que vient s'établir au Viéme siécle de notre ére, un ermite, St Ernier, envoyé, lui aussi, par saint Innocent, évêque du Mans, qui fonde un ermitage au coeur des solitudes boisées du Passais et dont les miracles défraient la chronique.

En son honneur se tient une procession chaque année vers le 10 Août, aux étranges rites.

Notre chercheur entend là plusieurs récits, celui d'une fontaine qui déclenche des orages lorsque l'on y plonge un reliquaire, d'une aubépine qui fleurit l'hiver et ce autour de Saint Ernier, dont la figure lui paraît avoir fourni quelques traits à la confection d'un personnage de la Table Ronde, Léonce de Payerne (pagus Erneaie), régent du Banoïc dans les récits arthuriens.

Cette "gémellisation" des traits d'un personnage héroïque avec ceux d'un saint personnage est connue, elle vient, d'ailleurs, à l'époque où René Bansard entreprend ses travaux, d'être étudiée par un clerc mayennais, l'abbé Moisan qui en a fait sa thèse de doctorat és lettres. René Bansard élargissant son champ de recherches découvre bientôt que d'autres ermites du Bas-Maine sont, aux marches de la Normandie, dans le même cas que Saint Ernier et que leurs hagiographies se recoupent sur certains points avec ceux de plusieurs chevaliers de la Table Ronde: Saint Bômer (Bohamadus) et Baudemagu, le roi de Gorre, et surtout Saint Fraimbault (Sanctus Frambaldus, soit le porteur-baldo- de lance -framée-) et Lancelot du Lac, meilleur chevalier du monde, héros des romans arthuriens, né en la Marche de Gaule et de Petite Bretagne, en la demeure de son père, Ban de Banoïc .

De ces constats, va se forger, en lui l'intime conviction que le terroir du Passais a servi de terreau à une matière qu'on appelera la Matière de Bretagne et il n'aura de cesse, jusqu'à sa mort de développer ses hypothèses dans ce sens.

Prospectant activement sur le terrain qu'il parcourt en vélosolex pendant près de vingt ans, il en arrive à la conclusion que le pays du Passais, (du latin passus) lieu de passage a également condensé sur son terroir un grand nombre d'évènements symboliques que l'on retrouve, à peine travestis dans la Matière dite de Bretagne. Ainsi, il entreprend, à la façon d'un Schliemmann vérifiant sur place les faits rapportés dans l'Illiade et l'Odyssée pour aboutir à la découverte du site de l'ancienne Troie, il parcourt à nouveau les itinéraires des chevaliers de la Table Ronde partis, par exemple, à l'aventure qui pour secourir la reine Gueniévre enlevée au royaume de Gorre (Gorron) par Méléagant le fils de Baudemagu, qui dans leur Quête du Saint Graal vers le Mons securus (Montsurs?).

Il ouvre ainsi une nouvelle piste qui a d'ailleurs déjà des précurseurs tenus, pour la plupart, à l'époque où ils formulaient pareille interrogation, pour aussi fous que René Bansard l' était de son vivant.

L'un est un fécampois: Max Gilbert et l'autre fut, au XIXème siècle, un écrivain colporteur, Arsène Laîné de Néel, à la production aussi importante que pittoresque et qui attend encore son thésard.

Déjà quelques étudiants s'intèressent à ses travaux , le suivent dans ses déplacements, il manque à l'entreprise qui se fait jour, aux sources de la Légende Arthurienne en Normandie et au Maine, un chef de file. Ce sera le professeur Jean Charles Payen que Bansard rencontre un grand nombre de fois de son vivant et qui, toujours curieux parfois agacé de cette conviction inébranlable qu'il pressent chez son interlocuteur , souvent admiratif de la science accumulée par ce modeste érudit qui, pour continuer ses travaux, a appris tout seul le haut allemend et s'est remis au latin et au grec, lui promet son appui et l'invite même à plusieurs reprises à communiquer devant la Société Arthurienne Internationale.

Bansard est trop timide pour affronter les aéropages savants internationaux, il préfère son terrain et l'amitié que lui vouent quelques disciples aussi éblouis que passionnés. Nuit après nuit, il accumule les fiches, les notes, rédigeant certaine conclusions sur des cahiers format-écolier, poursuivant inlassablement ses contacts, ses recherches, comparant, annotant avec une minutie scrupuleuse le moindre des indices inventoriés sur le terrain qu'il parcourt en vélosolex .

La mort le trouvera à la tâche, une nuit de novembre 1971, alors qu'il rentre d'une de ses tournées solitaires, il est fauché, en plein brouillard, par une voiture, "en la marche de Gaule et de Petite Bretagne"(), sur la route "Flers-La Ferté-Macé" au lieu dit "les Monts".

La piste qu'il a ouverte va connaître de nouveaux développements, J.C. Payen accepte en 1980 de prendre la tête de l'association fondée en 1973, par les disciples de René Bansard, pour sauver les documents laissés derrière lui, de nouveaux élèments rejoignent les premiers pionniers, Christiane et Michel-Vital Le Bossé, puis Michel Pastoureau, Mike Barry, Gilles Susong, Réjane Molina, Philippe Lavenu, Claude Letellier, la fécondité de l'approche Bansardienne n'échappe plus à personne tandis que prend forme la théorie dite de l'enracinement folklorique de la Lègende Arthurienne, qui dispose désormais de son bulletin, le CENA.

L'équipe, qui s'est ainsi formée autour de Jean Charles Payen, partage une conviction qu'il appartient à chacun d'élaborer à partir de disciplines particulières mais transversales:

- la civilisation anglo-normande aux XIIème-XIIIème siècles est certainement la plus riche intellectuellement de l'Occident médiéval chrétien, elle a produit les oeuvres d'art les plus prestigieuses en même temps que ses souverains s'assuraient le contrôle de territoires immenses. De plus, par leurs conquètes, elle se trouve au contact d'un autre grand foyer de civilisation, l'Islam, auquel nous devons sans doute d'être sortis de la barbarie en ces âges héroïques où nos ancètres allaient plus volontiers au carnage qu'à la librairie.

La composition des romans de la Table Ronde s'inscrit, pour les souverains anglo-normands et ceux qui les entourent dans un projet politique, artistique, religieux que les investigations de René Bansard viennent singulièrement remettre en lumière et que chacun d'entre nous va, dès lors, avoir à coeur d'approfondir.

L' enracinement de certaines des traditions arthuriennes dans ce terroir ne fait aujourd'hui plus aucun doute pour personne, tant est prolixe et riche le matériau recueilli et dont nous poursuivons l'interprétation, dans une perspective résolument multiréfèrentielle, c'est à dire en mobilisant au service de notre recherche toutes les ressources que nous offre aujourd'hui l'essor des Sciences Anthropologiques.

On peut comprendre, ainsi, ce qui a déterminé la contamination (J.C Payen) de l'Imaginaire arthurien par le folklore des Marches de l'Ouest en observant plusieurs sources:

A: les littératures orales originales et les coutumes locales, la sensibilité des auteurs du Moyen-Age aux légendes épiques renforcée par les paysages, du Domfrontais,

B: un site Domfront, capitale de coeur des souverains Anglo-Normands, siége de l'intellectualité au XIIéme siécle,

C: le climat politique et féodal de la Normandie aux XIIème et XIIIème siècles.

Toutes ces enquétes déterminent en effet un incroyable faisceau, sur un territoire donné, entre Lessay et Bagnoles, entre Mayenne et Rânes, de similitudes troublantes entre les descriptions de Chrétien de Troyes et de ses successeurs et les paysages réels que ces poêtes ont connu lorsqu'ils séjournaient à Domfront, Falaise, et Argentan. Le circuit "Au Pays de Lancelot du Lac", itinéraire culturel et touristique(), rend compte de la richesse et de la diversité de ce terroir, le Passais, qui a été le théatre, depuis quatorze siècles, d'un grand nombre d'évènements symboliques et culturels qui en font, encore de nos jours, un lieu de prédilection pour l'amateur, l'érudit, celui qui cherche un sens à sa vie, hors des sentiers battus.

Pour nous, comme pour René Bansard, travailler sur la piste Normande del'enracineemnt arthurien consiste d'abord à formuler des interprètations du matèriau recueilli en mettant en oeuvre plusieurs disciplines: la critique littéraire, l'histoire, l'hagiographie, la toponymie, le symbolisme, l'ethnographie .

Voir à ce sujet les deux ouvrages collectifs fondateurs :

La Légende arthurienne et la Normandie, Corlet, 1983. dir JC Payen.

Les Romans de la Table Ronde, la Normandie et au delà, Corlet, 1987. dir M Pastoureau.

 Le Passais  est une entité profondément marquée par ses caractères historique et géographique. En effet, son étymologie même, (Passus = le passage), inscrit dans la mémoire des hommes les atouts d'une région de collines et de landes sauvages, de solitudes boisées où fleurirent depuis la plus haute antiquité les mythologies et les hagiographies. Elle a fourni à la littérature médiévale quelques uns de ses plus beaux thèmes d'inspiration.

Ce terroir aux nombreuses résonances arthuriennes ne saurait être confondu avec les procédés exclusifs d'invention du Val sans retour encore observables plus au sud.

Pour nous l'antique forêt de Brocéliande s'étendait de Bellême à Vannes et du Mans à Avranches, voire à Fougères. En témoignent toponymes, légendaire, hagiographies, et traces laissées dans les  imaginaires locaux.

Voir aussi : Promenades en Normandie avec Lancelot du Lac, de Bertin G, Le Bosé MV, Pr Gaignebet Cl, Gaignenbet L. Corlet, 1990.  Illustré.

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