Lancelot du lac héros multifonctionnel 

Reproduction de Loxias.

Georges Bertin:

Lancelot du Lac, archétype de la Chevalerie française au Moyen-Age, héros de la cour du roi Arthur, meilleur chevalier du Monde, n'a pas fini de nous fasciner. Le destin hors mesure de ce héros romanesque plus réel que le réel, devenu moine chantant messe, n’est pas sans interroger notre modernité qui s’évertue à retrouver les équilibres d’une tripartition interrogeant et notre devenir social et les structures anthropologiques issant de nos imaginaires contemporains.

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Les passages de l'eau : l'initiation
Passages courtois
Le Château de la Merveille
Passages chrétiens : les ermites et le Graal
D’une fonction à l’autre
Lancelot trinitaire
Lancelot figure du médiateur

in  Eclipses et surgissements de constellations mythiques. Littératures et contexte culturel, champ francophone (1ère partie), colloque universitaire des CRI , Nice, 15 janvier 2004

mise en ligne sous la direction de Mme le professeur Arlette Chemain-Degrange , Odile Gannier et Nathalie Duclot-Clément
Colloque des CRI , Université de Nice, 15 janvier 2004
Ce recueil fait éclater les cloisonnements traditionnels. Alors que les études francophones se développent parallèlement aux travaux consacrés aux mythes européens, l'ouvrage allie ces deux domaines et les enrichit d'un domaine moins connu des études comparatistes, celui des cultures asiatiques. Passages entre mythes européens et imaginaires africains sont envisagés de même que quelques figures d'Extrême Orient ou les avatars sud-américains de certains mythes. L'identité méditerranéenne est soulignée dans ces études de "transferts culturels". Une diachronie large justifie éclipses et surgissements. Ce recueil reflète, dans le cadre de la mythocritique, les réflexions dominées par l'interdisciplinarité, où la critique littéraire s'enrichit des apports de la sociologie, de l'histoire, de la philosophie.

sommaire détaillé

  • Arlette Chemain-Degrange  :  Ouverture. La mythocritique : année 2001
    Que peuvent les méthodologies de l’imaginaire ? Que peut la mythocritique ? Questions ambitieuses auxquelles le séminaire introduit tentait d’apporter implicitement des éléments de réponse. Les ressources de la mythocritique s’y révèlent. Une autre approche aurait été : « La mythocritique aujourd’hui », plus ambitieuse encore. Pourtant c’est bien d’un état de la question dont parurent soucieux les principaux intervenants. L’originalité de notre intitulé attire l’attention sur la phase dépressive pendant laquelle le mythe se désagrège. Cette notion rejoint l’idée d’une période de latence des mythes, de mise en sommeil temporaire pendant que d’autres dominantes s’imposent. Les configurations mythiques sont-elles le fruit d’une réécriture ? La résurgence tient-elle du palimpseste ? S’il n’existe pas de « mythe-modèle » d’origine, stable et définitif, s’il n’existe que des variations successives, qu’une série de lectures, de « leçons », dont la somme serait constitutive du mythe, le développement littéraire reste créatif.
  • Simone Vierne  :  Avant-Propos
    Les problèmes posés à l’imaginaire par l’une de ses expressions majeures, le mythe, sont vastes. Les recherches actuelles permettent une approche tout à fait originale des phénomènes et domaines anthropologiques, sociologiques, littéraires, plastiques, musicaux, psychologiques, psychanalytiques, historiques. On sait bien que certains mythes disparaissent un temps de la conscience collective, pour éventuellement réapparaître plus tard. On sait aussi qu’ils peuvent s’enrichir et s’appauvrir suivant les circonstances. Il était donc intéressant, grâce à ce colloque, de se pencher plus précisément sur « le surgissement et les éclipses du mythe ».
Genèses. Interactions entre différents champs: réciprocité amorcée d'une intertextualité. Imaginaire et transferts culturels
  • Gilbert Durand  :  Le « Preictal Slowing » dans les sciences de la culture
    Le titre choisi peut paraître sophistiqué, mais il m’a été inspiré par un concours de circonstances : j’ai été porté vers ce «  Preictal Slowing  » qui veut dire « ralentissement qui préface un changement », telle est à peu près la signification de ces mots, par des spécialistes de l’étude de l’épilepsie de l’Université de Strasbourg, Roger Cerf et Hassan El Essaouida. Je suis parti de là parce que ce concept me semblait cadrer exactement avec la situation intermédiaire dans laquelle je vais essayer de m’orienter. NB: Ce texte possède un document annexe: R. Cerf, à propos du "preictal slowing".
  • Joël Thomas  :  Imaginaires de l’exil : Ovide chez les Scythes, revisité par David Malouf
     « J’aime ceux qui ne savent vivre qu’en sombrant, car ils passent au delà » F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra Le sujet dont je vais vous parler me semble un exemple typique de réécriture d’un mythe. Il est d’autant plus intéressant que l’écart diachronique du transfert culturel y est considérable (I e s. ap. J.C. pour la source ; contemporain, pour la réécriture). Il n’y a pourtant pas de modernisation, d’aggiornamento du récit lui-même, dont la mise en scène [...]
  • Claude-Gilbert Dubois  :   « La vie mythique des concepts d’histoire littéraire : surgissement, éclipses et résurgences du couple classique/baroque »
    Si l’on veut en effet ne retenir du couple classique/baroque qu’un seul des partenaires, chacun d’eux est réduit à l’impuissance. On n’a plus entre les mains qu’une définition close, avec ses tiroirs fermés, carcasse sans organes, un substantif auquel s’accroche une armature de qualificatifs, un coffre-fort empli à l’intérieur, mais sans clé. Classique et baroque ne se mettent véritablement à parler que lorsqu’ils sont ensemble. Séparément, ils ne font que catégoriser et grammatiser, ce qui n’est pas parole de vivant. Ma communication proposera donc quelques brèves réflexions sur le mode de réunion (ou de séparation) des concepts d’histoire littéraire, et sur leur mode d’évolution d’après deux conceptions différentes, mais aussi complémentaires, du temps.
  • Jean-Jacques Wunenburger  :  Épistémologies croisées de l’Imaginaire : les traditions françaises et roumaines
    L'imaginaire obéit à des invariants et à des variations qu'on peut décrire, mesurer et évaluer et dont l'étude peut donner lieu à des combinatoires d'une grande richesse. Les recherches sur l'imaginaire disposent de programmes chargés si l'on veut bien prendre en compte le jeu entre les œuvres et leurs modèles d'intelligibilité sur fond d'une pluralité de registres socio-culturels. On observera un cas typique, celui du couple France-Roumanie, ouvrant ainsi la porte à un vaste chantier phénoménologique et épistémologique de comparaison des imaginaires.
  • Sun Chaoying-Durand  :  Une méthode directive de la naissance et de la disparition des choses : Le livre des Mutations (Yijing)
    A l’inverse de l’Occident où ce qui fait problème est le changement, la croissance et le dépérissement, sur lesquels n’a aucune prise la philosophie de l’être, constitutive du socratisme occidental excluant tout « tiers » entre « être » et « ne pas être », dans la riche culture chinoise tout au contraire, le paradigme philosophique par excellence est celui du changement… Loin d’être un temps linéaire et progressiste, le devenir dans la pensée chinoise évoque un temps où les moments sont gros de tous les « retours ».
  • Sookhee Chae  :  Etude comparative entre le mythe d’Orphée et le mythe de Sourobuin en Corée 
    Une comparaison entre le mythe coréen de Sourobuin et le mythe d’Orphée fait apparaître des convergences certaines. Des analogies pointent en effet une signification commune : au travers des symboles de la hiérogamie cosmogonique, union du ciel et de la terre, le mythe met en scène le rétablissement de la fertilité du monde. Par l’enlèvement de la figure féminine, chacun des deux mythes traduit la nécessité sacrificielle à la base de la création. Car la naissance à une vie nouvelle et immortelle a pour condition la réintégration au chaos primordial : retour à la terre-mère, mortifère et source de vie.
  • Danièle Rocha-Pitta  :  Fractalité et nouvelles constellations mythiques au Brésil 
    La culture du Nordeste du Brésil se caractérise par la coexistence de diverses mythologies. Il s’agit ici de parvenir à connaître l’ambiance spécifique de cette culture plurielle. Il est nécessaire pour cela d’explorer les différents réseaux d’images, afin de dégager les nouvelles interactions mythologiques. Le point de vue fractal permet la mise à jour d’un ordonnancement précis de ces éléments composites, conduisant à cerner la sensibilité propre à cette culture.
  • Nadia Kamel  :  Minieh, le lieu enchanteur de Michel Butor
    Le bref séjour de Michel Butor à Minieh semble avoir influencé fortement son art romanesque basé sur l’importance du lieu : Le Génie du Lieu est très significatif à ce sujet.
  • Ralph Schor  :  Images de la Méditerranée dans les oeuvres des écrivains niçois du XXe siècle
    Pour les écrivains niçois, nés dans la région ou venus s’y installer très jeunes, la Méditerranée constitue une réalité naturelle, immédiate et tangible. Cette réalité est si évidente et les imprègne si manifestement qu’ils ne comparent quasiment jamais « leur » Méditerranée, qui pour eux incarne « la » mer, à une autre étendue salée. Pour tous, la Méditerranée représente un thème d’inspiration important, parfois essentiel: même ceux qui quittent le pays niçois et font carrière au loin ne parviennent pas à couper le lien.
Quêtes initiatiques
  • Simone Vierne  :  Des romans du Graal aux romans de Jules Verne : surgissements et éclipses du mythe de la Quête 
    Le sens initiatique de la Quête fait de cette dernière un genre à part au sein de la grande famille du roman d’aventure. C’est ce que montre exemplairement la Quête du Graal. Mais le sens profond du mythe initiatique s’est transformé au fil des siècles, jusqu’à connaître une réelle extinction entre la Renaissance et le début du Romantisme. Selon une optique anthropologique, cette étude se propose de mettre en lumière les différents facteurs historiques des variations du mythe.
  • Jean-Guy Gouttebroze  :  « L'allure ou les modalités de l'échange dans le Conte du Graal »
    Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes présente une dichotomie. Les aventures respectives de Perceval et Gauvain traduisent en effet des représentations oedipiennes opposées. Chacune de ces deux positions peut être déchiffrée à travers le traitement romanesque de l’échange, dans ses trois modalités : linguistique, matériel et matrimonial.
  • Georges Bertin  :  Lancelot du Lac, héros multifonctionnel, récurrences d’une figure indo-européenne du prêtre gardien du bocage sacré au médiateur post moderne.
    Lancelot du Lac, archétype de la Chevalerie française au Moyen-Age, héros de la cour du roi Arthur, meilleur chevalier du Monde, n'a pas fini de nous fasciner. Le destin hors mesure de ce héros romanesque plus réel que le réel, devenu moine chantant messe, n’est pas sans interroger notre modernité qui s’évertue à retrouver les équilibres d’une tripartition interrogeant et notre devenir social et les structures anthropologiques issant de nos imaginaires contemporains.
  • Anne-Marie Picard  :  « La Langue de Dieu »
    J'aimerais esquisser ici une réflexion sur le rapport de ces mythes, de ces croyances rigides des enfants non-lecteurs avec un mythe qui nous habite tous : celui de la langue maternelle, cette langue qui serait plus en adéquation avec le monde que toutes les autres. Cette croyance en l’existence d’un « Grand Livre » quelque part, où seraient écrits tous les mots , un livre détenu par un autre, constitue en effet une véritable théorie du langage, du symbolique qui participe de ce que l'on appelle la pensée magique. Une pensée qui est la solution que l'humain s'est donnée pour tenter d'échapper au scandale de sa condition d'être parlant !
  • Dominique Violet  :  Les ruses du voyage initiatique : esquisse d’une « mythologie de l’éducation » 
    Comme aveuglées par des techniques et méthodes scientifiques imprégnées par la logique aristotélicienne, certaines ingénieries pédagogiques ‘modernes’ ne semblent apparemment pas toujours en mesure de considérer que plus on veut faciliter l'accès direct à la connaissance et à l'autonomie, et plus celles-ci ont parfois du mal à advenir. En complémentarité avec cette approche contre-productive liée à une logique qui exclut le tiers et nie la contradiction, le recours, [...]
Figures. Explosion, latence, résurgence de mythes structurant les créations littéraires, plastiques, lyriques
  • Paul-Augustin Deproost  :  La descente d’Enée aux Enfers – Mort symbolique et temps aboli 
    Après Ulysse, Thésée ou Orphée, Énée refait, de son vivant, le chemin périlleux et réservé à quelques rares élus, qui conduit dans le royaume de l’au-delà, avant d’y recevoir par la bouche de son père Anchise, mort voici plus d’un an, la révélation de l’objet de sa mission. Le chant VI de l’ Énéide a, dès l’antiquité, suscité des commentaires érudits qui ont tous, peu ou prou, tenté de mettre au jour les implications religieuses, philosophiques, mystiques, spirituelles de la descente d’Énée aux enfers et du message qu’il y a reçu, notamment la partie du discours d’Anchise consacrée à la métensomatose et au cycle des réincarnations. Dès le V ème siècle s’est amorcé un mouvement de relectures de l’ Énéide, dans les commentaires des grammairiens-philosophes Servius, Macrobe ou Fulgence, qui s’est prolongé jusqu’à la Renaissance avant de renaître aujourd’hui, sous d’autres formes, dans les travaux d’un Joël Thomas notamment consacrés à l’étude des structures des imaginaires antiques, « en vue d’y rechercher un accès aux sens cachés », comme disait Macrobe.
  • Myriam Watthee  :  De Virgile à Bauchau : la descente aux Enfers comme motif d’une « identité narrative »
    Dans l’œuvre de l’écrivain belge contemporain Henry Bauchau, on observe la présence récurrente, d’éléments qui inclinent à comprendre que la descente aux Enfers — particulièrement dans son acception initiatique commentée par Paul-Augustin Deproost — est un motif structurel essentiel de son imaginair. C’est pourquoi, dans ses écrits intimes qui parlent de sa vocation littéraire autant que dans ses textes poétiques et narratifs qui mettent en scène un JE fictionnel analysant ou écrivain, il est possible de percevoir l’aventure d’Énée à l’arrière-plan de l’évocation de la descente dans les profondeurs. De même que le héros virgilien pénètre aux Enfers pour y recevoir l’enseignement de son père qui le libère du passé et le place face à son avenir, de même le JE des écrits autobiographiques, poétiques ou narratifs d’Henry Bauchau cherche à s’exorciser de son passé pour s’ouvrir à l’avenir.
  • Arlette Bouloumié  :  La Résurgence du mythe d’Eurydice et ses métamorphoses dans l’œuvre d’Anouilh, de Pascal Quignard, de Henri Bosco, de Marguerite Yourcenar, de Michèle Sarde, et Jean Loup Trassard
    Le mythe d’Eurydice a souvent été occulté au bénéfice du mythe d’Orphée dans lequel Eurydice apparaît tardivement et reste au second plan. S’inspirant des textes antiques, Les Métamorphoses d’Ovide ou Les Géorgiques de Virgile, des écrivains contemporains lui ont pourtant explicitement donné la première place : La Nouvelle d’Eurydice de Marguerite Yourcenar, (Grasset, 1931), la pièce de théâtre de Anouilh, Eurydice (1941), et le roman de Michèle Sarde : Histoire d’Eurydice pendant la remontée (Seuil, 1991). Parfois le mythe est latent, dans Tous les matins du monde de Pascal Quignard (1991) par exemple, ou dans « Ravissement » de Jean Loup Trassard, extrait de Des cours d’eau peu considérables (Gallimard, 1981). Il arrive qu’une citation, clin d’œil aux initiés, permette de l’identifier : ainsi Une Ombre de Henri Bosco (roman posthume de 1978).
  • Adrian Van den Hoven  :  Forger des mythes : le théâtre de Sartre, un théâtre de situations  – Les Mouches 
    Contrairement au théâtre réaliste, Sartre désire un théâtre au projet philosophique, politique et moral. Privilégiant la représentation de conflits de droits à celle de conflits de caractères, le théâtre sartrien veut toucher les masses par la représentation mythique de leurs interrogations. Nous tentons d’illustrer ces données à travers l’étude de la pièce Les Mouches , en nous confrontant aux dires de Sartre, le tout sans éluder la dimension autobiographique.  
  • Seza Yilancioglu  :  Yachar Kemal, Ahmadou Kourouma : Mutations épiques. Le transport fugitif dans l’imaginaire 
    Dans certains pays, la sorcellerie, le rite, la magie occupent une place prépondérante dans l’organisation de la vie sociale, voire de la vie politique. Pour cette raison, cette étude de l’importance de l’univers imaginaire et des rêves chez l’être humain sera illustrée par les œuvres de deux écrivains contemporains qui comportent peu de traces communes du point de vue de la géographie, des habitudes, de la culture, des traditions ; sauf leur engagement de « Justes » au nom de l’humanité. Il s’agit de Yachar Kemal, écrivain turc contemporain, auteur de plus de vingt-quatre romans dont dix-huit traduits en français et en plusieurs autres langues, auteur de nouvelles, de reportages et d’Ahmadou Kourouma écrivain subsaharien, l’un des meilleurs exemples de la littérature francophone.
  • Alhassane Cissé  :  Ogun, Yurugu et Nommo : mythes résurgents dans la poésie de Côte d’Ivoire
    Introduction aux mythes africains Selon Marcel Griaule, le mythe, dans les sociétés traditionnelles, est un discours où apparaissent les dieux, les hommes, les animaux et les plantes, les génies, les êtres et les choses personnifiés : le Chaos, le Vide, la Force… Se référant le plus souvent à un monde antérieur au monde actuel, le mythe se fait connaissance existentielle, celle de la participation de l’homme et de son groupe au cosmos, de l’envahissement des gens dans les choses, [...]
  • Samira Douider  :  Profils féminins d’Afrique, de l’histoire à la littérature : créations de mythes?
    Le personnage féminin est particulièrement prépondérant dans les littératures d'Afrique noire et du Maghreb, du fait même des questions que suscite la femme dans les sociétés représentées. Cependant, il a été octroyé à certains de ces personnages un rôle héroïque. Ils ont donc été singularisés par rapport aux autres personnages féminins de ces littératures. Cet héroïsme naît, contrairement à une idée reçue, de la place importante des femmes dans l'histoire de [...]

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